Culture

Sarah Réal, médiatrice culturelle au Musée Suisse du Jeu de La Tour-de-Peilz

Comment décririez-vous votre poste actuel?

En tant que médiatrice culturelle du Musée Suisse du Jeu de La Tour-de-Peilz, je suis responsable de mettre sur pied et de superviser le programme des activités culturelles du musée, afin de créer un lien avec les différents publics susceptibles de le fréquenter. Je m’occupe de mettre en valeur les expositions en organisant des activités et des événements. Je dirige en outre l’équipe des guides et des animateurs, qui accueillent les visiteurs du musée pour des ateliers et des visites guidées personnalisés. Je suis chargée enfin de créer un réseau de collaboration avec des partenaires externes comme des écoles ou d’autres musées.

Sarah Réal

Quel cursus avez-vous suivi dans notre Faculté?

Au niveau du Bachelor, j’ai choisi l’histoire et l’archéologie comme disciplines de base et l’histoire et les sciences des religions comme discipline complémentaire. Dans mon Master, j’ai poursuivi l’étude de l’histoire et de l’archéologie (en sciences de l’Antiquité). J’ai présenté mon mémoire en histoire médiévale. J’ai réalisé le programme de spécialisation Histoire du livre et édition critique des textes. J’ai obtenu mon diplôme de Master avec spécialisation en janvier 2013.

Avez-vous profité des activités offertes par l’UNIL dans le courant de vos études?

Je n’ai pas été active sur le plan associatif pendant mes études. Mais l’archéologie m’a permis de vivre des expériences très enrichissantes, non seulement grâce aux chantiers de fouilles obligatoires, mais surtout par la participation à deux voyages extraordinaires – l’un en Sibérie et l’autre au Népal – qui ont élargi mon regard sur le monde.

 

J’ai également participé deux fois aux Mystères de l’UNIL, dont une fois pour l’archéologie. C’était déjà pour moi une première expérience de médiation culturelle, même si à cette époque-là je ne planifiais pas vraiment de carrière dans ce domaine. J’ai aussi participé deux années de suite à la Nuit des musées pour un stand d’animation au Musée romain de Lausanne-Vidy.

Aviez-vous des activités extra-universitaires lors de vos études?

J’ai toujours travaillé à côté de mes études. Pendant mes années de gymnase et par la suite à l’université, j’ai occupé un petit emploi à la boutique et à l’accueil du Béjart Ballet. J’ai également eu un job au Capitole grâce à une amie de l’uni. J’ai pu profiter du fait qu’ils cherchaient du monde après la vente du Capitole à la Ville de Lausanne pour la Cinémathèque. J’ai aussi occupé un poste d’assistante-étudiante en histoire médiévale.

Quelles sont les différentes étapes de votre parcours professionnel aboutissant à l’obtention de votre poste actuel?

À la fin du Master, j’ai dû m’inscrire au chômage. Cependant, pendant tout le temps que j’ai été au chômage, je n’ai pas arrêté de travailler pour de petits mandats; j’ai donc eu une activité salariée en gain intermédiaire.

 

C’est grâce à une collègue de la Section d’histoire que j’ai pu obtenir mon premier mandat dans un musée: j’ai travaillé pendant deux mois, en 2013, sur un fond de photographies au Musée historique de Vevey comme assistante de collection muséale.

 

À la même période, j’ai adressé une offre spontanée au Musée romain de Vidy. Ma postulation tombait heureusement au bon moment: ils recherchaient un guide-animateur. Mais ce qui a surtout joué en ma faveur, c’était le fait que j’avais participé comme bénévole à l’animation d’un de leurs stands à la Nuit des musées.

 

Les dix années que j’ai passées à la boutique du Béjart Ballet m’ont permis d’avoir des contacts qui se sont révélés fructueux: comme j’avais signalé ma disponibilité pour un remplacement ou un mandat, on m’a offert en automne 2014 de remplacer la personne chargée des accréditations, qui partait en congé maternité. J’ai occupé cette fonction pendant quatre mois. Puis, deux mois après, j’ai été rappelée pour un poste à 20%, créé pour les accréditations et le secrétariat de l’Association du Cercle des Amis du Béjart Ballet; le poste a été augmenté peu après à 40%.

 

Parallèlement, j’ai eu une nouvelle proposition du Musée historique de Vevey. Une exposition allait être montée en collaboration avec le prof. Karl Reber, de l’UNIL. Ma fonction a été prolongée sur une année et demie. J’ai occupé ce poste à temps partiel.

 

Puis j’ai pu remplacer la médiatrice culturelle du Musée romain de Vidy pendant une année. J’ai travaillé à ce poste à mi-temps, parallèlement à mon emploi de chargée des accréditations au Béjart Ballet.

 

J’ai reçu ensuite en 2016 une proposition de travail sur une collection privée comme chargée de conservation. J’ai démissionné de mon poste au Béjart Ballet, et j’ai assumé ce nouvel emploi pendant six mois parallèlement à mon poste au Musée romain de Vidy. Après la fin de mon mandat de médiatrice culturelle, j’ai pu augmenter mon taux d’activité pour mon emploi de chargée de conservation, mais j’ai gardé une place au Musée romain de Vidy comme guide-animatrice, fonction que j’occupe encore aujourd’hui à un petit pourcentage!

 

Début 2017, j’ai pris connaissance d’une offre d’emploi pour une médiatrice culturelle au Musée Suisse du Jeu de La Tour-de-Peilz. J’y ai répondu, on m’a proposé un entretien d’embauche, et j’ai été prise! Le caractère polyvalent de mon profil a sans doute été un point fort de ma candidature. On a apprécié que j’aie une expérience dans différents musées, mais plus particulièrement au Musée historique de Vevey, à cause du réseau de collaboration qui relie les musées de la région. J’occupe ce poste aujourd’hui à 70% tout en ayant encore, comme je l’ai dit avant, un pied au Musée romain de Vidy comme guide-animatrice.

Quelle a été la valeur de vos études pour votre carrière professionnelle?

Les études de Lettres m’ont surtout été utiles pour l’acquisition de compétences générales, transférables dans un autre contexte, comme l’esprit critique, la capacité de rédiger et de structure un discours ou les compétences de recherche, d’analyse et de synthèse. Mon parcours universitaire m’a aussi appris à être flexible, à savoir m’adapter à différents contextes.

Quels conseils donneriez-vous à nos étudiants pour leur passage à l’emploi?

Premièrement, je dirais qu’il ne faut pas attendre la fin des études pour chercher à travailler dans le secteur d’activité qui vous intéresse, même en assumant une fonction modeste comme employée à l’accueil. Mes employeurs ont souvent été sensibles aux petits jobs que j’ai pu occuper pendant mes études. Avec ces petits emplois, j’ai accumulé de nombreuses petites expériences dans la sphère culturelle large. Elles m’ont permis d’avoir un CV profilé.

 

Il est important de savoir dans quel secteur on veut travailler, mais sans se crisper sur des objectifs trop précis, de crainte de se rendre aveugle par rapport à de nombreuses occasions qui se profilent. Il faut se montrer ouvert aux possibilités et accepter d’assumer des tâches dans lesquelles on ne se projetait pas forcément a priori. Il vaut mieux ne pas s’enfermer dans une vision rigide de soi-même en faisant preuve d’audace et de flexibilité.

 

Le réseau que je me suis constitué pendant mes études m’a été très utile pour mon intégration professionnelle. Tout le monde a un réseau: amis, camarades d’études, enseignants, employeurs… L’enjeu est de le maintenir vivant en gardant le contact. Pendant ma période de chômage, je n’ai pas hésité à solliciter mes connaissances dans l’espoir d’obtenir des informations sur des possibilités d’emploi. Il ne faut pas avoir honte d’être en recherche d’emploi: il vaut mieux en parler largement autour de soi, pour provoquer l’apparition d’occasions favorables.

 

Si l’on souhaite travailler dans le milieu culturel, il faut s’attendre à devoir accumuler les petites expériences avant de décrocher un emploi important: mandats de brève durée, remplacements, contrats à durée déterminée… Très souvent, on est contraint d’occuper plusieurs jobs en même temps! Dans ce contexte, il est important de faire preuve de flexibilité et de persévérance. Il ne faut pas se décourager: cette période d’incertitude, voire de précarité, est presque un passage obligé. Mais la patience finit par être récompensée: on sera amené un jour ou l’autre à occuper un poste fixe et intéressant.

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