Christiaan Hart Nibbrig

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> Né le 2 février 1944

> Docteur en lettres à l’Université de Bâle (1971)

> Assistant puis privat-docent à l’Université de Berne où il soutient sa thèse d’habilitation (1974)

> Professeur ordinaire à l’UNIL en littérature allemande moderne (1980-2008)

> Conférencier, professeur invité à l’étranger (Allemagne, USA)

 

Homme de lettres d’une érudition rare dans les domaines de la littérature, de la philosophie et des arts, critique et essayiste renommé, enseignant stimulant, collègue généreux – pendant 28 ans, la Section d’allemand et la Faculté des lettres de l’Université de Lausanne ont pu bénéficier pleinement des multiples compétences de Christiaan Hart Nibbrig. Né en 1944 à Bâle, il y fait des études de littérature allemande, anglaise et de philosophie, achevées par une thèse de doctorat sur Eduard Mörike en 1971. Assistant puis privat-docent à l’Université de Berne, il y soutient sa thèse d’habilitation en 1974. A partir de 1980 et jusqu’à sa retraite en 2008, il enseigne la littérature allemande moderne comme professeur ordinaire à notre Université.

Ses nombreux ouvrages parus chez des éditeurs renommés associent les théories esthétiques et des questions anthropologiques à une lecture rapprochée, intense des textes. Par exemple, Christiaan Hart Nibbrig fait parler la rhétorique du silence dans la littérature. Il examine le corps et ses fictions ou il dévisage le miroir et les «spéculations» que celui-ci déclenche dans les arts visuels et dans la littérature. Et il pousse ses explorations jusqu’à la limite infranchissable de la représentation artistique que constitue la mort.

Dans le dialogue qu’il établit avec les textes et les images, ces défis de la représentation ne sont pas uniquement un objet constant ; Christiaan Hart Nibbrig leur rend aussi tous les droits par le style même de ses analyses: l’élégance de l’essayiste s’ajuste à ses lectures, à leur rythme et à leur musicalité. C’est avec une oreille attentive, sensibilisée par sa formation et sa pratique du violoncelle, qu’il ausculte les textes dans leurs multiples articulations. Il entend et fait entendre les «voix fantômes» de la littérature, titre de l’étude la plus récente, traduite également en français. La littérature se donne ainsi à comprendre comme l’expression de ce qui ne peut pas se dire autrement. En ce sens, elle est toujours une «musique de l’avenir», comme il le proclamait jadis dans sa leçon inaugurale à Lausanne.

Cet avenir est devenu le présent tout au long de son enseignement à la Section d’allemand. Des générations d’étudiants et de nombreux doctorants ont profité de son enthousiasme contagieux, de son humour, de sa libéralité et de son ouverture vers tous les horizons. Son rayonnement international lui a valu de nombreuses invitations comme conférencier ou professeur invité à l’étranger, notamment en Allemagne et aux Etats-Unis. Mais il n’a pas moins oeuvré sur le terrain: il a contribué par ses propres recherches à développer les études sur la traduction littéraire, domaine devenu une des spécialisations de la Section d’allemand à Lausanne. Il a engagé et pratiqué le dialogue interdisciplinaire dans la Faculté. Dans la même perspective de partage, il a fait profiter un large public de ses contacts directs avec la scène littéraire et culturelle de langue allemande. Dans cette ligne, une manifestation littéraire en son honneur a réuni, le 14 juin 2008, un nombre important d’écrivains, de musiciens, d’anciens étudiants et de collègues et amis pour lui souhaiter une retraite souriante et heureuse.

Texte de Peter Utz

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