Elise Nardin, conseillère en relations économiques bilatérales pour les pays de l'Asie du Sud et l'Océanie, Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO)

Elise Nardin a effectué un Bachelor en sciences sociales et un Master en politique et management publics à l’UNIL. Elle est maintenant conseillère en relations économiques bilatérales pour les pays de l’Asie du Sud et l’Océanie au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

En quoi consiste votre travail au Secrétariat d’Etat à l’économie ?

Mes activités sont assez variées. Je gère les relations entre partenaires gouvernementaux et économiques clés, à travers l’organisation de rencontres officielles, l’analyse de données économiques, et la représentation des intérêts économiques suisses. Je soutiens les entreprises suisses dans leurs affaires en collaboration avec nos différentes ambassades, les associations faîtières et Switzerland Global Enterprise, l’agence qui a pour mandat de promouvoir les exportations et de faire rayonner la place économique suisse. J’organise et gère des missions économiques pour le Conseiller fédéral en charge de l’Economie, de la Formation et de la Recherche, ainsi que pour la Secrétaire d’Etat à l’économie. Mon travail est souvent irrégulier dans l’année, avec des périodes très chargées et d’autres où il y a moins de rencontres ou de déplacements à l’étranger.

Quelles sont les compétences nécessaires pour ce poste ?

Dans notre équipe, les profils sont variés, avec des formations en sciences humaines et économiques. En effet, nous ne sommes pas des experts en économie, mais nous devons comprendre les enjeux économiques et géopolitiques pour avoir une vue d’ensemble et assurer une coordination efficace.

 

Lorsqu'on travaille pour l’administration fédérale, il faut être conscient que c’est une grande organisation, que les décisions dépendent de plusieurs acteurs, qu’elles prennent donc du temps, et qu’il y a des procédures à respecter. Les compétences appréciées sont entre autres la loyauté, la diplomatie, la patience, la compréhension écrite et orale de l’allemand, outre les connaissances spécifiques à un sujet et/ou la connaissance d’un partenaire du réseau de l’office en question.

Qu’avez-vous étudié à l’Université de Lausanne ?

J’ai effectué un Bachelor en sciences sociales, dont j’ai passé la troisième année à la University of British Columbia, à Vancouver.

 

J’ai ensuite opté pour le Master en politique et management publics, orientation finance et économie publiques. J’ai rédigé mon mémoire en anglais. Il portait sur la gouvernance des politiques de promotion économique fédérales et cantonales, et sur l’interface entre Switzerland Global Enterprise et les agences de promotion subnationales et cantonales. Dans le cadre de ce mémoire, j’ai effectué un stage au Consulat général de Suisse à New York pour SGE Switzerland Global Enterprise.

Quelles ont été les étapes déterminantes de votre carrière?

Après mes études, j’ai envoyé quelques offres spontanées. J’avais eu connaissance de la création du Greater Geneva Berne area, et je leur ai proposé de participer au lancement de leur communication – ce que j’ai fait durant 6 mois. J’avais envie de travailler en Suisse allemande ; j’ai donc trouvé un poste à la Greater Zurich Area, l’agence de promotion de la place économique zurichoise. Il s’agissait également de promotion économique et de conseil à des sociétés. Lors de cette expérience, je me suis aussi intéressée à la scène startup et créative locale. J’ai étoffé mon réseau dans ce monde-là, ce qui m’a rendu service par la suite. C’était plutôt gratifiant de constater que l’on me percevait comme une personne ressource pertinente dans le domaine. J’ai ensuite décroché un emploi auprès d’une fondation qui promeut la santé chez les jeunes au travers de sports freestyle. J’étais basée à Zurich et je développais les projets pour la Suisse romande : un vrai plongeon dans la culture suisse-alémanique.

 

Ensuite, toujours passionnée par les questions de promotion économique, j’ai décidé de mener une enquête indépendante sur l’état de la promotion des industries créatives en Suisse, et plus particulièrement celle du design. Pour ce faire, j’ai analysé le paysage existant, conduit des interviews, et rédigé un rapport. En parallèle, j’ai réalisé un projet artistique personnel : j’ai effectué des interviews vidéos et je me suis occupée de la communication de ce projet. Comme souvent dans ce type d’activités, le financement est difficile, j’ai donc repris le chemin des postulations.

Quels sont vos conseils pour trouver un emploi ?

Pour celles et ceux qui en ont la possibilité : effectuez un échange ou un stage à l’étranger (ou en Suisse allemande !), ceci permet de se différencier dans un processus de recrutement, et d’ouvrir votre champ des possibles. Faites du bénévolat pour une cause qui vous tient à cœur. J’ajouterais qu’après l’obtention du diplôme, il est important d’éviter les périodes d’inactivité sur le CV.

 

J’ai l’impression qu’en Suisse on pourrait faire preuve de plus d’initiative dans la prise de contact, être plus ambitieux et audacieux. Pour l’anecdote, je ne pensais pas qu’un email envoyé à l’UNIL à mon retour d’échange proposant mes services de mise sous pli ou de garde de moutons du campus (j’étais prête à tout), déboucherait sur un poste d’assistante-étudiante à la Direction pendant 2 ans. J’ai affiné cette capacité durant mes séjours en Amérique du Nord et les réactions ont toujours été positives. N’hésitez pas à tenter d’établir un contact, de formuler une demande ! Du moment que la forme y est, les résultats peuvent être surprenants.

Il est possible que cette personne ait changé d'emploi depuis la rédaction de ce portrait. Pour connaître son activité actuelle ou pour plus de détails sur son parcours professionnel, pensez à rechercher son profil sur LinkedIn ou d'autres réseaux sociaux professionnels!

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